Maridan-Gyres

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Défis Ghislaine et Evy

Atelier Ghislaine 146 :  http://ghislaine53.eklablog.com/atelier-146-a207103152

Année, nouveau, passage, vie, songer, prévoir, élan, après, - thème : changement

Atelier 147 : http://ghislaine53.eklablog.com/atelier-147-a207183128

Monter, agripper, lever, tomber, branche, sentier, par, autour + 5 mots en one, ou onne – thème : printemps

 

Evy 306 : https://plume-de-poete.over-blog.com/2019/03/defi-n-206-theme-le-petit-peuple.html

l'écriture créative : https://ecriturecreative.fr/2021/02/propositions-205-206-mars-2021.html

« Quelque chose vibre sur l’étagère derrière lui » « bientôt tout deviendrait noir, miteux et disparaitrait. »

« Bientôt tout deviendrait noir, miteux et disparaitrait ! »

 

Début de l'histoire : https://www.maridan-gyres.com/ghislaine-145-evy-305-et-205-1

 

 

« Quelque chose vibre sur l’étagère derrière lui » « bientôt tout deviendrait noir, miteux et disparaitrait. »

Ils fêtèrent la nouvelle année ensemble. Les voilà installés près de la cheminée. « Quelque chose vibre sur l’étagère derrière lui. » Lucien se retourne et prend son téléphone portable.

« C’est encore une pub ! Ras le bol de ces parasites. Revenons-en à nos moutons. J’ai quelque chose pour toi, ne bouge pas ! »

Il s’éloigne et revient les mains dans les poches avec un grand sourire qui éclaire son visage. Il la soulève de terre et l’embrasse passionnément. Cet homme la bouleverse. Il est dans le don. Il n’exige jamais rien, ne sollicite rien, il est là, présent et à l’écoute. Pour elle c’est nouveau. Avant lui, elle n’a jamais connu ça. Il n’y avait que des hommes de passage. Il la repose délicatement et pose un genou à terre. Il lui prend la main et glisse un coffret entre ses doigts.

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« Depuis que nous nous sommes rencontrés la vie me semble plus belle, plus vraie. Pour la première fois de ma vie, je me sens entier et heureux. Tu as rendu cela possible. J’aimerais passer le reste de ma vie à t’aimer et te chérir. Ne réponds pas tout de suite. J’attendrai le temps qu’il faudra. Je t’aime, c’est aussi simple que cela. »

Elle ouvre le coffret et découvre un solitaire. Ce n’est pas les bijoux du chirurgien qui alourdiraient sa main, si elle les avait acceptés, non, c’est une bague fine en or rose avec ce petit diamant qui étincelle. Elle l’a entendu, mais son cœur s’est arrêté de battre. C’est comme songer que l’enfer peut-être le Paradis. Elle est en apnée. L’air ne pénètre plus ses poumons. Jamais elle ne pourra accepter, elle ne veut pas d’engagement.

A ses épaules qui se sont serrées, son sourire qui a disparu, il comprend qu’il y a un malaise.

Elle l’aime, elle en est sure, pourtant l’idée du mariage la terrifie. Cela la renvoie au couple parental qu’elle a vu se déchirer des années durant jusqu’au suicide de son père qu’elle adorait. Se marier c’est commencer à prévoir le jour où tout disparaîtra. Alors les élans du cœur, elle préfère éviter, même si avec lui c’est différent, qu’en sera-t-il après... dans dix ans ? Non elle ne se risquera pas dans cette nouvelle aventure.

Il l’avait fait monter au septième ciel. Après lui, elle le savait, rien ne survivrait d’aimable en elle. Elle serait anéantie. Elle se laisse couler dans les abimes qui menacent de l’engloutir.

Elle agrippe les accoudoirs du fauteuil dans lequel elle s’est laissée choir. Elle n’arrive plus à se lever. Cela lui a coupé les jambes.

Déçu, il tombe à ses pieds.

« N’aie pas peur, my love, personne ne t’oblige à quoi que ce soit. Je te donne mon amour, ma vie, tout ce que je suis. Je n’exige rien en retour, pas même que tu me donnes une réponse. C’est toi qui tiens les rennes. Alors n’aie pas d’inquiétudes. Vois-moi comme un rocher inébranlable qui te servira de refuge où et quand tu voudras. Dis-moi de quoi tu as si peur ?

-          Je ne peux pas !

-          M’aimes-tu ?

-          Enormément, tu le sais… cela n’a rien à voir avec ça !

-          Au contraire c’est le fond du problème ! Si vraiment tu m’aimes, tu n’as aucune raison de paniquer. Dis oui et nous fixerons une date quand tu seras prête. Je ne t’impose rien ma chérie.

Son visage s’est fermé à nouveau. Ses yeux virent au gris Elle sait qu’il est terriblement déçu, mais elle ne peut s’en empêcher. Elle se retrouve plongée en plein cauchemar Tout lui revient en une vague destructrice.

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Elle a de nouveau dix ans, ses parents s’aiment follement Ils sortent pique-niquer tous les trois et c’est des journées merveilleuses qui les remplissent de joie. Pas une seconde, ils ne s’ennuient.

Ils aimaient l’entrainer dans des rondes loufoques où ils hurlaient de rire tous les trois. Puis, un matin, son père était rentré « Licencié » Elle n’avait pas compris ce que voulait dire ce mot. Pendant des mois, il avait cherché à retrouver un travail… Sans succès. Sa mère était partie chercher un emploi et elle était devenue serveuse dans un bar où il trainait toute la journée. Il se battait avec les clients qui lui manquaient de respect. Son patron avait fini par la renvoyer, car il faisait fuir les clients.

Au bout de quelques mois c’est la maison qui avait dut être vendue pour rembourser le crédit de la banque. Sa mère et lui se disputaient de plus en plus souvent. Un soir il était rentré ivre, une branche de bois à la main et il avait pulvérisé tout ce qu’il avait trouvé sur son chemin. Ils venaient d’emménager et elle avait eu tant de mal pour trouver ce minuscule deux pièces. Il s’était écroulé sur le canapé sous les yeux horrifiés de sa mère. Puis elle l’avait vu réunir quelques affaires, prendre une valise et elle lui avait demander de partir avec elle. Mais, enfant, elle aimait ce père si doux avec elle « avant » qu’on lui prenne son travail. Alors, elle était restée. Elle avait sa mère partir à pied en empruntant le sentier qui passait à travers bois.

Par une nuit sans lune, elle avait entendu un bruit inhabituel. Elle avait fait le tour de la maison, mais n’avait rien vu. Ensuite, elle été allée voir dans la chambre de son père et elle était vide. Prise d’un sinistre pressentiment, elle était sortie, avait tourné autour de la maison, vu la voiture et finalement c’est un rayon de lumière qui passait sous la porte de la grange qui l’avait conduite à l’ouvrir.

A ce souvenir, ses poings se serrent, Lucien voit ses larmes couler abondamment sur son visage livide. C’est son père pendu qui la hantait chaque nuit depuis le sinistre anniversaire de ses onze ans. Malgré tout son amour, elle n’avait pas réussi à le sauver.

« Bientôt tout deviendrait noir, miteux et disparaitrait ! »

A suivre ...

Maridan

 



24/03/2021
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