Maridan Gyres

Maridan Gyres

Promenade à Palavas les Flots

Jeudi 6 novembre 2014

 

Ce matin, après une nuit de plus à tourner, virer dans mon lit, à arpenter le couloir pour que les douleurs dans mes jambes s’atténuent, je me suis levée et aussitôt activée.

 

Debout à six heures du matin, petit déjeuner rapide avec mon chéri qui, lui, va partir travailler, puis ma demi-heure de vélo elliptique quotidienne, et me voilà filant à la douche pour ne pas louper mon rendez-vous matinal chez le médecin.

 

Enfin 8h50, me voici prête à partir, lavée, habillée, pomponette. Eh oui, chez moi quand on voit le médecin on se fait coquette. Ne me demandez pas pourquoi, c’est une vieille tradition familiale. Sinon, faites-moi confiance, je traîne plutôt en jogging toute la journée.

 

Reprenons, donc 8h85, je ferme la grille et me voilà filant sur la route qui va me mener à Lattes où se trouve mon praticien. 9h tapante, je suis devant la porte, je sonne… Grand moment de solitude, personne ne répond. Bon, mon doc a du mal dormir, je rejoins le salon de thé qui se trouve à côté et me voici attablée devant un chausson aux pommes et un café. Pas bien, car j’ai déjà déjeuné à la maison…

 

Bref, 10 minutes plus tard, je retourne chez mon médecin. Toujours personne… Rien de tel qu’une semaine d’insomnie, pour voir les choses du bon côté. Soudain, j’aperçois un panneau avec son téléphone, j’appelle et là, consternation… J’ai RDV à 16h45, le médecin ne travaille pas le jeudi matin. Mince, une fois de plus, comme le dit si bien mon cher et tendre, j’ai dû avoir un geste parasite. Il faut dire que j’ai la mémoire d’un poisson-lune, donc très courte. C’est pourquoi je note tout dans mon téléphone portable. Seulement, ce jour-là, le téléphone a dû sonner, ou une copine est passée à l’improviste, bref j’ai donc dû noter mon RDV un peu plus tard.

 

Bon j’ai donc une matinée de libérée et rien de prévu ; rare… Très rare. Je dois retrouver les deux femmes de ma vie pour déjeuner avec elles à midi. J’appelle maman, pas de réponse… Elle doit encore dormir, alors j’appelle ma fille… Idem.  Du coup, vous me connaissez, le cerveau se met en route et tous les rouages s’activent… Il y a le  ménage à faire, la lessive, les courses… Vite, je file récupérer mon auto et en route.

 

STOP ! À moi ! Je regarde au loin la Cathédrale de Villeneuve les Maguelone sur fond d’étang, les flamants roses en premier plan, idéal pour prendre une photo et toutes ces merveilles se rapprochent à grande vitesse (110km autorisés sur cette double voie).

 

C’est bon, je décide de faire une pause. Une petite récréation rien qu’avec moi… Et ça, je ne le fais jamais. Et Dieu que cela va être bon ! Il fait très beau, un grand ciel bleu qui me tend les bras, bien dégagé, bien lumineux. Un petit vent frais qui ravigote, tout ce que j’aime. Pour une fois, je vais pouvoir mettre le nez dehors. Je n’aime pas la chaleur qui m’étouffe, c’est un temps idéal pour moi.

 

Allez zou ! C’est décidé, je prends la route de Palavas les Flots pour rejoindre le bar sur le port où Daniel et moi aimons prendre nos petits déjeuners au printemps. Souvent, il n’y a que nous et cette fois-ci c’est idem. Deux couples se sont réfugiés au fond du bar, mais moi, je choisis la terrasse et me voilà couchant ces quelques mots sur le papier.

 

La vue est parfaire, d’ailleurs je vous joins l’image

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Quai B, les petits bateaux à moteur côtoient les voiliers. Ils se mirent dans l’eau déclinant ainsi des reflets mouvants. Pour la première fois depuis bien longtemps, je me sens en paix, à ma place. Et vous savez quoi ? Cela me fait un bien fou ! Oubliées les idées noires, la maladie, le corps qui m’immobilise de plus en plus. Plus question de suicide ou autre, juste du plaisir. Un plaisir immense qui réchauffe les os, dénoue les muscles, irrigue à nouveau tout mon organisme. Un appétit de vivre qui me gonfle les veines d’une joie indescriptible.

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Un goéland passe et salut mon optimisme du jour,  son copain lui répond et cette joyeuse cacophonie m’emplit d’allégresse. Le café que vient de m’apporter le jeune serveur est corsé comme je l’aime. Cerise sur le gâteau, le patron s’approche et me dit : « ça fait plaisir de vous revoir ! » Plus d’un an que je n’étais pas revenue et il s’en est souvenu. Je suis touchée et je le remercie. C’est un endroit où il y a cinq ans, je venais souvent avec des clients, avec mes commerciaux. C’était le coup de fouet indispensable pour bien démarrer ma journée. Que cela était bon.

 

Aujourd’hui, j’en retrouve le plaisir. Le patron passe ça et là, il installe les tables, les parasols. Je sens le soleil qui commence à chauffer mon dos. Bientôt peut-être j’ôterai mon écharpe et mes gants. Mais pour l’instant, je me sens enveloppée dans un cocon de bien-être, je n’ai plus mal nulle part. petit moment d’accalmie.

 

J’ignore combien de temps, je vais rester là. Un bateau recule, il va prendre la mer. Il y a des jours où je rêve de voyage au long cours, lâchez les amarres et voguer sur le grand bleu à la recherche de moi-même ou de ce qu’il en reste. Mais pas aujourd’hui, non, c’est jour de fête, d’apaisement. Le soleil darde ses rayons bienfaisants sur mon dos douloureux. Je libère mes mains de leurs carcans douillets. La chaleur pénètre lentement mes doigts en souffrance. Les mots que je pose sur ce petit cahier ne soulagent pas que mes doigts, ils irriguent d’une vigueur nouvelle mon corps endolori.

 

À présent, une dernière petite histoire sur cette matinée enchantée. En sortant du couloir du médecin, je me suis rendu chez le libraire où j’ai acquis deux livres. Le premier « L’histoire du général Dann » et le second « Ensemble c’est tout » de gavalda.

 

Ensemble, c’est tout… Cela m’a fait penser à notre petit monde de blog4ever. J’ai découvert grâce à ce site une vraie et belle humanité. Certes, le virtuel ne remplacera jamais le contact physique, je vous l’accorde, mais c’est un avant-goût du paradis. Après tout lorsque nous nous envolons, nous laissons bien notre corps derrière, non ?

 

Alors à vous tous mes chers amis de B4E, je vous dédie cette belle matinée, ce doux soleil aux rayons réparateurs. J’ai fait quelques clichés, mais ce n’est qu’avec mon téléphone, car j’avais oublié de remettre ma carte dans mon appareil photo. Bon elles ne sont pas formidables, mais elles rendent tout de même assez bien l’ambiance de ce jour qui m’a fait penser à vous tous.

 

En repartant, je suis passée voir la plage où un immeuble se construit au détriment de tout bon sens car la mer de ce côté ci a beaucoup monté et j'imagine que bientôt ces superbes immeubles auront les pieds dans l'eau, mais enfin c'est pas grave....

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09/11/2014
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