Maridan Gyres

Maridan Gyres

Les Fusillades du 3 mai 1808, par Francisco Goya

Sur le tableau de Goya, le ciel est sombre, noircit par la haine de tous ces soldats, fusils braqués sur la jeune poitrine, qui veulent la mort de ce jeune homme désarmé. Sa chemise blanche rayonne comme un soleil au sein de toutes ces violences inutiles. L’orchestre joue Tchaïkovski, la musique est lourde, oppressante, témoin de cette scène immonde. Et tandis que mon regard se porte sur les corps sans vie au pied de la future victime du massacre, les notes s’amplifient, dansent une folle sarabande morbide… comme pour dire à ses bourreaux…

 

  • Tirez, vous ne me vaincrez pas ! D’autres se lèveront après moi ! Ma jeunesse vous éclaboussera encore, elle illuminera le monde bien après vous et moi. Vous aurez tous disparu, mangés par les vers. Rien ne subsistera de vos turpitudes, de votre violence !

 

Et tandis que le chef d’orchestre s’agite et entraîne ses musiciens à sa suite dans une mélodie qui s’élève et s’amplifie jusqu’à déborder du cadre et de nos oreilles en un raz de marée tumultueux… les soldats figés, leur fusil pointé sur la jeune poitrine immaculée, attendent… l’ordre de déclencher la salve qui mettra fin à cette innocence bafouée.

 

Le ciel est lourd de toute la misère des hommes… C’est un ciel de fin du monde. Pas une étoile pour éclairer cette nuit sans lune… La musique a repris et nous sommes là, immobiles, autour de cette table, nous attendons le moment terrifiant, où la blancheur de sa chemise se teintera de rouge carmin. L’étape ultime, le moment néfaste… L’instant où la teinte sanglante débordera du tableau, car le sang des victimes ne cesse jamais de couler… il alimente les flots de haine qui donnent naissance aux révolutions… qui entraînent les grands bouleversements de l’humanité.

 

Et tandis que Tchaïkovski s’apaise et distille ses notes avec plus de douceur, je me dis que ce jeune homme a vaincu et tous ses amis avec lui ! La  guerre a fini par prendre fin, elles se terminent toujours et aujourd’hui tous leurs beaux rêves bafoués se sont réalisés.

 

Pourtant à nouveau, les Espagnols sont devant un avenir incertain. Celui d’une nation au bord de la rupture, par la faute de financiers qui jouent avec un argent qu’ils n’ont pas et qu’ils nous volent chaque jour un peu plus.

 

Maridan 31/05/2014

 

La photo est tiré de ce site consacré à Goya :

http://www.eternels-eclairs.fr/tableaux-goya.php



31/05/2014
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