Maridan Gyres

Maridan Gyres

les retrouvailles

Love story

 

Bonjour Maridan,

 

Je viens d’achever la lecture de ton livre « Les retrouvailles » après une pause de quelques jours entre deux lectures.

Une pause, parce que j’avais sans doute été un peu déconcerté par le thème et par le découpage et la rapidité des aller – retour dans le récit des protagonistes.

Il est vrai que les romans d’amour n’ont pas été ma tasse de thé depuis ma lointaine adolescence, peut être par la faute du cinéma ou de la TV qui ont absorbé le plus souvent mon attention romanesque (place à part toutefois pour le 7e art).

J’ajoute, que l’usure du temps, les aléas de la vie ont peut être écrasé ou laissé s’endormir ma capacité à m’émerveiller et surtout à dire clairement et vraiment, en paroles ou en écriture, la profondeur des « choses de la vie ».

L’histoire elle-même d’Emeline et Loïc m’avait donc laissé un peu dubitatif : un amour absolu entre 2 jeunes sortant de l’adolescence et presque encore enfants, des parents façon Folcoche qui détruisent ce bel espoir à peine naissant, une maman d’adoption, Mado – personnage maternant, fort et solaire –, des retrouvailles miraculeuses, 18 ans après. 

On croit que tout va bien, mais voilà que la maladie puis la camarde veillent. Et malgré le malheur, l’amour continue… Love story.  

 

Cette nuit, le livre m’est revenu à l’esprit. Ce n’était pas un rêve à la fois heureux et triste laissant un goût amer, car j’avais les yeux grands ouverts.

J’ai mieux compris la force de ton récit, écrit avec les mots de tous les jours

– caméra rapide à l’épaule –, avec le témoignage de vrais gens comme  on dit. Bien sûr, dans cette belle histoire, presque un conte, le jouisseur, le calculateur et le malin trouveront cela démodé quasi ringard et ne s’y plairont pas, car il y a de l’innocence. C’est pour cela que c’est beau, un  peu dans le style des  premiers livres de Le Clézio (« Désert »). 

On voit que tu y as mis beaucoup de toi : l’amour fusionnel pour un être et celui de la vie en général, une vie professionnelle riche et absorbante, les voyages, la maladie. J’aurais toutefois aimé que le personnage aimant de Mado soit davantage creusé. Quelle est son activité ? Quel est son travail d’aide auprès des  femmes seules en difficulté ? Peut être aussi que sans être forcément vintage, le contexte sociologique et économique, voire les chansons et les films des années 80 à 2000 auraient pu être évoqués de manière plus explicite au travers des activités professionnelles et des loisirs des protagonistes. Mais bon, je chicane, moi qui n’arrive pas à écrire plus de 20 lignes. 

Mais c’est la fin qui m’a le plus surpris et ému. Ce courage pour affronter la maladie, la description des sentiments, le poids du regard des autres. Et là, tu me laisses pantois : Emeline gravement malade, sensée écrire un bouquin (ah l’écriture, tiens !), recherche sur un site rencontre, une future compagne pour son mari. La personne retenue ayant elle-même été témoin et affectée par la maladie. Il fallait y penser et quelle preuve d’amour ! J’en connais qui n’auraient pas eu besoin qu’on s’en occupe !

Et puis, chacun à ses soucis, j’ai mieux compris pourquoi j’avais été touché par cet ouvrage – c’est le pouvoir de la fiction, surtout quand elle est sincère –.  

Mon épouse a eu cette maladie voici quelques années. Elle s’en est sortie, Dieu merci. Elle a retrouvé, je crois, l’espoir et le goût de vivre. Mais une page a été tournée au moment même où délivrée du souci de se lever tous les matins pour aller au travail, nous pouvions prendre enfin le temps de vivre, d’être libres (je pense je ne sais pourquoi à la vieille la chanson soixante-huitarde de Moustaki).

Aujourd’hui, nous sommes ensemble, les démons sont toujours là… il y a la vie, la nature, les belles choses et le goût des autres, qui permettent de s’accrocher.

Pour un 2e roman : chapeau Maridan !

 

Gérard



08/02/2014
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