Maridan Gyres

Maridan Gyres

Mon dernier conte

début du conte, écrit lors du dernier atelier des Mots de Montpellier

 

//www.les-mots-de-montpellier.com/l-atelier-du-15022016

 

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-         Comment puis-je vous remercier de votre générosité ?

-         En allant jusqu’au bout de ta route et en laissant ton cœur aussi pur que ce qu’il est aujourd’hui.

-         Merci vénérable grand chêne. Mes amis les lutins m’ont offert un sifflet qui devait m’aider en cas de difficulté, puis-je vous l’offrir en remerciements de votre bonté.

-         Un sifflet dis-tu ?

-         Oh, les filous, ce sifflet ne t’aurait pas aidé. Il m’aurait mis en colère, je hais ce bruit strident qui fait fuir mes amis les oiseaux. Pose-le sur ma plus basse branche et promène-toi dans mes bois. Demain matin, je te le rendrai et tu pourras le rendre à tes amis les lutins.

-         Je crois que vous pouvez le garder.

-         Non, mon jeune ami, un cadeau ne s’offre pas. Soit tu le conserves, soit tu le rends à celui qui te l’a si « généreusement donné ».

-         Très bien, alors je vais profiter de votre jolie forêt et me baigner dans le grand lac que j’ai aperçu en arrivant. Ainsi demain, je serai en forme pour repartir après une bonne journée de détente.

-         C’est cela, profite de ces quelques heures pour te reposer, tu auras une longue route à faire. Alors à demain.

 

Angelios se dirige vers le lac. Arrivé à son bord, il ôte ses vêtements et entre dans l’eau qui est à la température idéale. Lorsqu’il regagne la rive, un jeune chevreuil a pris place sur ses vêtements, et il semble dormir

.

-         Quel bel animal ! Je ne vais pas le réveiller. Allez je retourne à l’eau, je sortirai lorsqu’il sera éveillé.

 

Un quart d’heure plus tard, l’animal se lève et marche vers le lac où il se penche et se désaltère.

 

-         Puis-je sortir sans t’effrayer ?

-         Qui es-tu ?

-         Mes amis m’appellent Angelios. Tu dormais si bien que je n’ai pas osé te réveiller. Mais vois-tu, je commence à avoir froid, et j’aimerais me rhabiller.

-         Fais-le ! dit le petit chevreuil en reculant.

-         N’aie pas peur, je ne te ferai aucun mal.

-         Je n’ai pas peur ! répond l’animal en continuant à reculer.

 

Angelios se sèche et se rhabille rapidement, puis il s’assoit sur le sol et tend sa main à l’animal.

 

-         Tiens, c’est mon dernier bout de gâteau. Viens, tu verras, il est très bon. Ai-je l’air si méchant que tu recules ainsi ?

-         Les hommes sont si souvent cruels avec nous.

-         Je ne suis pas homme, mais farfadet. Nous, nous aimons le peuple des bois.

-         Tu es vraiment trop grand pour un farfadet, et puis où est ton cheval ?

-         Ma mère était un elfe, quant au cheval, je n’en ai pas. Mes parents ne m’ont pas transmis ce savoir. Ils ont vécu longtemps, cachés aux yeux de tous ceux qui les considéraient comme « anormaux ». Ils m’ont appris la tolérance et à voir les autres comme ce qu’ils sont, et pas comme on me les décrits.

-         Allez, je veux bien goûter ton gâteau, mais je préfère que nous le partagions.

-         D’accord, tiens, je le coupe en deux.

 

Et voilà comment Angelios se fait un nouvel ami. Heureux de la compagnie du petit chevreuil, il profite de sa connaissance de ces bois pour se promener et chemin faisant, ils tombent sur les chevaux qui l’avaient accueilli à son arrivée.

 

-         Tiens, te voici encore en pleine forme ! As-tu trouvé le chêne du renouveau ?

-         Oui, il a été très gentil. Son nom lui vient certainement de sa grande générosité.

-         Générosité ! Le chêne du renouveau ! Es-tu sûr que c’est lui que tu as rencontré ?

-         Absolument !

-         Et bien, tu ne cesses de nous étonner jeune farfadet !

-         Voulez-vous vous joindre à nous ? Mon ami le chevreuil me fait visiter votre jolie forêt.

-         Pourquoi pas ? Veux-tu grimper sur l’un d’entre nous ?

-         Je n’aurais jamais osé vous le demander.

-         Est-il sot ce jeune garçon ! Allez grimpe, cela ira plus vite.

 

Assis à cru sur le beau cheval blanc, notre ami se voit soudain transporté au galop à travers la forêt. Le chevreuil très heureux, lui aussi, de ce moment de liberté virevolte autour des trois grands chevaux pour le plus grand plaisir de notre jeune héros.

 

Avoir le vent qui fouette son visage lui procure un grand plaisir. Et c’est totalement épuisé, qu’à la nuit tombée le jeune farfadet est reconduit au pied du grand chêne.

 

-         Je vois que tu es revenu bien entouré.

-         Oui, ce sont les amis qui m’ont indiqué la route pour vous trouver. Et voici mon compagnon du jour.

-         Bonjour, Lucius. Alors toi aussi, tu es devenu son ami ?

-         Difficile de faire autrement grand chêne, son cœur est si limpide.

-         Tu as raison, c’est pourquoi j’ai accepté de l’aider. Tiens voici pour toi, Angelios. Tu ramèneras ce sifflet à ton ami le lutin.

-         Merci vénérable chêne.

-         Prends bien soin de mes enfants et tu auras ma bénédiction sur toi et tous tes descendants.

-         Je vous promets que je ferai ce qui sera nécessaire. Puis-je dormir à vos pieds cette nuit encore ?

-         Avec plaisir mon ami.

-         Merci. Bonne nuit à vous tous mes amis. Je ne vous oublierai pas, et si un jour vos pas vous conduisent dans mon royaume, vous serez les bienvenus.

-         Qui sait, mes frères et moi, nous viendrons peut-être.

-         Moi aussi, je viendrai te voir avec mes parents.

-         Tu seras toi aussi le bienvenu.

 

Et c’est ainsi que ce séparent les cinq amis. Le farfadet s’allonge et s’endort aussitôt quant au vieux chêne, il sourit en songeant à la blague qu’il a préparé au vilain lutin qui s’apprêtait à tromper son jeune ami. Ce gredin doit avoir le cœur bien noir pour avoir tenté de faire tomber ce jeune innocent dans un piège aussi grossier. Toutefois, songe le chêne du renouveau, je dois, moi aussi, me remettre en question. Car ce sifflet, c’est certain, m’aurait mis en colère et ce jeune farfadet aurait connu ma colère. Alors qui est le plus fautif ? Le lutin avec son piège grossier, ou moi et ma colère injustifiée ?

C’est sur cette question que s’assoupit le grand chêne.

 

Au petit matin, le cœur léger, notre petit farfadet reprend sa route après avoir salué son vieil ami.

 

-         Dans quatre jours je serai de retour auprès de ma bien-aimée. C’est curieux, elle ne m’a pas rappelé. J’espère qu’elle va bien.

 

Lorsqu’il arrive au pont-levis, ses amis les chevaux l’attendent.

 

-         Veux-tu que nous t’accompagnions chez Circé ?

-         Ce serait merveilleux, je gagnerais un peu de temps.

-         Allez monte, nous allons t’accompagner.

-         Merci, mes amis.

 

à suivre...

Maridan 20/02/2016



21/02/2016
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