Maridan Gyres

Maridan Gyres

L'arbre

L’arbre 

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Je suis si las, si fatigué de toute cette folie. Je me souviens de mon enfance. De cette époque où nous étions légion. Nos parents immenses veillaient sur nous.

 

Mes amis et moi, nous avions l’éternité pour apprendre à vivre comme nos parents. Le matin, au lever du soleil, papa secouait ses branches bien garnies de feuilles d’un joli vert printemps et tous les singes de la forêt commençaient leurs rondes endiablées et leurs facéties.

Ils sautaient d’un arbre à l’autre, passant de l’ébène, au jacaranda, aux palmiers de toutes sortes, au baobab et aux autres arbres tropicaux.

 

Lorsque venaient les heures les plus chaudes, ils cessaient de remuer comme de beaux diables et s’assoupissaient dans les branches de nos parents. Ils n’étaient pas les seuls habitants de nos forêts, il y avait aussi les grands fauves, les reptiles ; serpents, salamandres, araignées tout ce petit monde vivaient en harmonie, bercé par les pépiements des oiseaux multicolores.

 

Vivre en forêt était une fête constante. De temps en temps, les petits hommes venaient cueillir nos fruits, ramasser le bois mort pour se chauffer, chasser ici et là quelques proies pour se nourrir. Et puis j’ai grandi et plus je grandissais, plus j’ai vu la forêt rapetisser. Au début je pensais tiens, je grandis alors c’est normal cela me paraît moins grands. Et puis un matin les derniers orangs-outans ont disparu, puis ce fut le tour des grands félins. Puis petits à petits, les petits hommes avec qui nous nous entendions sont bien ont eux aussi disparus et soudain la forêt a retenti des cris de frayeur de nos frères les singes, nous avons vu partir tous nos amis les oiseaux ne restaient plus sur nos branches que les serpents et quelques araignées.

 

Un matin de cauchemar, je garde au cœur cette terrible blessure, des hommes immenses sont venus dans de gros engins jaunes. Ils ont tué mes parents et tous nos anciens. Aujourd’hui, tous nos vieux ont disparu. Bientôt ce sera notre tour.

 

J’ai beaucoup pleuré devant la folie de ces hommes, mais aujourd’hui je ne pleure plus, car notre mère la terre a entrepris de les corriger. Bientôt, ils apprendront, ils sauront, mais pour eux, il sera trop tard. Notre mère nourricière est en colère. Elle a décidé de se venger des outrages. Elle noie leurs villes grises, elle brûle le peu qu’il reste de nous, elle déclenche des tornades et cyclones qui dévastent tout.

 

À l’avènement final, les hommes verront ce qu’il advient d’eux quand ruisseaux, rivières et océans sont tous pollués. Quand tous les poissons auront disparu ou seront souillés. Ils se nourriront de pilules, car tout le reste sera devenu impropre à la consommation. Ils finiront par s’éteindre du fait même de leur stupidité. Ils comprendront alors que l’argent n’était pas un but, qu’il ne nourrit pas, ne réchauffe pas, ne console pas et qu'on ne peut rien en faire.

 

Hélas, il sera trop tard ! Adieu à vous tous, la machine est là, mon heure est venue.

 

 

Maridan publié le 10/07/2013 sur mon premier blog la route des rêves et revu et corrigé le 26/07/2017



26/07/2017
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